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Celui qui n'est plus mon ami ne l'a jamais été ( Aristote )

Publié le par Cécile Crignon

Quimper,

26 décembre 2015

LETTRE OUVERTE À PATRICK VALAS

« Cher » Patrick,

J’ai d’abord été très peinée de voir de quelle manière abjecte et répugnante vous vous êtes comporté publiquement et notamment sur Facebook — d’où ma lettre ouverte aujourd’hui — depuis votre retour du Liban en novembre dernier, faisant fi avec une facilité déconcertante de notre amitié et de tout ce qui nous liait dans le travail depuis presque quatre ans.

Mais, comme le rappelle si bien Lacan — notre père à TOUS dans la psychanalyse après Freud —, la tristesse est une faute morale. On trouve dans la psychanalyse des ressources inépuisables.

Au début, j’ai pensé que c’était passager, et que la fatigue et la tension avaient eu raison de votre discernement pour un temps que je souhaitais avec force de courte durée.

Vous m’aviez DIT que vous étiez mon ami. Vous m’aviez DIT que vous vouliez m’offrir une reconnaissance pour mon travail clinique et théorique dont vous m’avez mainte et mainte fois félicitée. Reconnaissance que je ne vous ai jamais demandée, je n’en ai pas besoin — ni de la vôtre ni d’aucune autre — mais j’y voyais là la manifestation de votre estime et de votre amitié.

Pourtant, vous avez écrit sur votre mur Facebook que nous avions refusé — Christian Dubuis Santini, Ramsey Kinany et moi-même — votre proposition de créer une fondation ensemble.

C’est faux. Nous n’avons jamais refusé.

Ensuite, vous avez tenu des propos extrêmement dégradants pour VOUS à l’égard de Christian Dubuis Santini et de Ramsey Kinany, que votre nouvel « ami », Olivier Douville, n’a pas manqué de « liker » sur Facebook, trahissant instantanément son empressement à voir — tout comme vous ! — Christian Dubuis Santini évincé du paysage psychanalytique français et libanais, par n’importe quel moyen, même les plus dévoyés.

Comment justifier d’un point de vue éthique une telle infamie ? De ce point de vue là, on peut dire qu’avec Douville, vous vous êtes bien trouvés.

Vous avez écrit sur mon mur Facebook « je vous laisse tomber » et vous encouragez des hommes et des femmes de ressentiment à écrire sur le vôtre des commentaires extrêmement malveillants et diffamatoires à mon sujet.

Vous avez également menti publiquement sur le déroulement de la dernière soirée que nous devions passer ensemble, après que vous vous soyez comporté avec moi comme le dernier des goujats, pour ensuite vous en vanter.

Ce soir là, vous avez perdu mon estime et mon amitié à tout jamais.

Depuis, vous avez écrit sur moi des propos extrêmement orduriers et d’une grande obscénité qui ne font que révéler VOTRE PROPRE VÉRITÉ.

Et vous vous félicitez d’avoir « disqualifié » Christian Dubuis Santini ?

La seule et unique personne que vous ayez disqualifiée, c’est vous-même.

Devant un tel « changement de personnalité », la question qu’il m’a fallu trancher avant d’écrire cette lettre a été celle de votre responsabilité.

Si vous êtes responsable, vous êtes une crapule ordinaire comme on en rencontre beaucoup dans la vie en général et dans le milieu analytique en particulier. Milieu analytique qui est aussi un nid de salopards contre lesquels vous me mettiez en garde si souvent.

De notre position de sujet nous sommes toujours responsables, disait Lacan, qu’on appelle cela où l’on veut du terrorisme.

L’implacable position du psychanalyste ne laisse pas d’échappatoire, elle exclut la tendresse de la belle âme. J’ai donc décidé de ne pas vous faire la disgrâce et le déshonneur de vous prendre pour un irresponsable qui aurait besoin qu’on lui vienne en aide. Vous savez très bien ce que vous dites et ce que vous faites et vous en jouissez jusqu’à la flambée de toute votre petite personne.

Je ne vous dois rien, tout ce que j’ai appris, c’est grâce au travail que j’ai fourni parce que je l’ai décidé. Mais je dois tout de même reconnaître que sans vous, je n’aurais peut-être pas rencontré Christian Dubuis Santini aussi vite, puisque vous vouliez absolument me le présenter.

Vous ne tarissiez pas d’éloges alors à son endroit quand vous aviez besoin de lui.

Pour autant, cette rencontre formidable avec lui, je l’aurais faite quand même — même sans vous — parce que mon désir y était déjà convoqué : il ne m’avait pas échappé à l’époque à quel point cet homme était — lui aussi — un très grand lecteur de Lacan.

Auriez vous fini par en prendre ombrage?

J’ai découvert depuis qu’il était également un ami précieux, fidèle et rare, d’une intégrité, d’une gentillesse et d’une intelligence remarquables.

Que vous me « laissiez tomber » est une bonne nouvelle, parce qu’en revanche, vous, ami, je réalise que vous ne l’avez jamais été.

Ma vie privée ne vous regarde pas.

Il ne vous appartient pas de dire si je suis une « bonne » ou une « mauvaise » psychanalyste, ni même si je suis psychanalyste tout court.

Et vous n’avez rien à m’autoriser ni à m’interdire.

Pour qui vous vous prenez?

Quiconque se met au service du Discours de l’Analyste respecte l’altérité de son prochain — qui n’est pas son semblable — même dans ce qu’elle a de plus difficile parfois à supporter et ne rend JAMAIS personne responsable de ses propres égarements, ni des difficultés qui l’assaillent parce qu’il sait que le monde qu’il dénonce, il y participe. Il assume intégralement ce qui lui arrive dans l’existence et les conséquences à venir pour chacun de ses actes et de ses dires dont il ne peut prendre la véritable mesure qu’après coup(s).

Continuez à me dénigrer professionnellement — évoquer nos contrôles ensemble est une faute éthique au dernier degré— et humainement par tous les moyens si ça vous chante, mais sachez que ni vous ni personne ne pouvez détruire ni la puissance de mon désir d’analyste ni ma joie de vivre.

Pour moi désormais vous n’êtes qu’un homme qui n’a pas de PAROLE — ce qui est quand même le comble quand on se réclame de Lacan — et je ne peux m’empêcher de vous voir, à présent acoquiné à l’opportuniste et fourbe Douville , comme les Laurel et Hardy ridicules de la psychanalyse dévoyée.

Longue vie à la psychanalyse, la vraie, la subversive, l’impitoyable, celle qui connait l’amour, la solitude, le travail, la lecture, la difficulté, le courage, l’intégrité et la fraternité discrète.

Celle qui ne s’instrumentalise pas à des fins égoïstes.

Celle qui ne trahit pas ses amis.

Homme de peu de désir, passe ton chemin!

Cécile Crignon